Tribune de l’ambassadeur dans Sabah : Des actions concrètes en faveur des victimes de violences ethniques et religieuses

Les violences ethniques et religieuses ont atteint un tel niveau au Moyen-Orient que la France a pris l’initiative d’une conférence internationale sur le sujet.

Celle-ci s’est tenue à Paris le 8 septembre, sous la co présidence de la France et de la Jordanie. Une soixantaine d’Etats y étaient représentés ainsi que plusieurs organisations internationales dont les Nations unies et l’Union européenne. L’Irak s’est étroitement associé à cet exercice auquel il a été représenté activement par son ministre des Affaires étrangères, Mr Ibrahim al-Jaafari. Des personnalités issues de plusieurs de ses communautés étaient également présentes.

La conférence a abouti au Plan d’action de Paris, qui identifie des actions concrètes à mettre en œuvre en soutien aux populations concernées. Cette « feuille de route s’articule en trois volets : l’accompagnement humanitaire pour permettre le retour des déplacés ; la lutte contre l’impunité des auteurs des crimes perpétrés contre ces populations ; la promotion d’un cadre politique nécessaire à la stabilisation, la réconciliation et la pérennisation de la diversité. Une conférence de suivi aura lieu l’an prochain en Espagne pour mesurer les progrès accomplis et faire le point sur les actions entreprises.

La France est attentive à toutes les situations de détresse, quelles que soient l’origine des personnes, leur appartenance à un groupe religieux ou ethnique. Elle prête assistance à toutes les victimes.

A l’issue de la conférence, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a annoncé une contribution de 25 millions d’euros en faveur des populations persécutées au Moyen-Orient. La France entend également lever un fonds supplémentaire d’urgence de 10 millions d’euros et 15 millions supplémentaires seront mobilisés à travers l’Agence française de développement (AFD) pour des projets de développement au Liban, en Jordanie et en Irak, qui bénéficieront à la fois aux réfugiés et aux communautés d’accueil, en soutien des objectifs du Plan d’action de Paris.

La France fournit une aide aux personnes déplacées dans plusieurs camps du Kurdistan irakien, peuplés en majorité de Yézidis ou de Shabaks, deux minorités persécutées par Daech. Elle est particulièrement impliquée dans le camp de Bardarash, dont une grande part de la population appartient à la communauté chabak.

La France est prête par ailleurs à prendre sa part des réfugiés qui fuient les persécutions, en particulier en provenance de Syrie et d’Irak, comme le Président de la République l’a souligné lors de sa conférence de presse le 7 septembre 2015. Sur la base des propositions de la Commission européenne qui a fixé un seuil de 120.000 réfugiés sur les deux prochaines années, elle s’est engagée à accueillir 24.000 personnes.

Les efforts consentis ne doivent pas faire oublier que la priorité reste le maintien des minorités dans le pays dont elles sont originaires, pour rendre compte de sa diversité. L’avenir des Irakiens est en Irak.

JPEG - 32.4 ko
M. Jaafari, M. Yasin, M. al-Hamim et M. Fabius

Dernière modification : 11/04/2016

Haut de page