Tribune de l’Ambassadeur dans Sabah : Que fait la France contre Daech ?

Le processus de libération du territoire national irakien a connu ces derniers mois une avancée significative et Daech a subi d’importants revers. La France participe pleinement à cette lutte, dans laquelle elle était déjà engagée avant les attentats sanglants qui l’ont frappée au cours de l’année écoulée. Son action se décline à plusieurs niveaux.

Au plan militaire, la France compte parmi les principaux contributeurs à l’action de la Coalition internationale. A la demande des autorités de Bagdad, elle et intervient en Irak depuis septembre 2014, au moyen d’attaques aériennes et de missions de conseil et de formation au bénéfice des forces de sécurité irakiennes. Dénommée Chammal, cette opération engage d’importants moyens, à la fois humains et matériels : 800 militaires français, 9 Rafale, 6 Mirages 2000, un avion de ravitaillement, un avion de patrouille maritime et une frégate anti aérienne. Le porte avion Charles de Gaulle croise dans le Golfe pour lui apporter son appui. Les autorités irakiennes ont sont salué l’efficacité des frappes françaises et les grandes précautions prises pour éviter les victimes civiles. Dans le cadre de la Coalition, l’action de la France a contribué à préparer les offensives décisives de l’armée irakienne pour la reprise de plusieurs sites occupés par Daech.

Dans le même temps, la France a engagé un programme de lutte contre la radicalisation et a pris, aussi bien au niveau national que dans un cadre européen, des mesures fortes visant à renforcer son dispositif anti-terroriste et à assécher le terreau qui fournit à Daech ses combattants étrangers.

La France a joué un rôle actif dans l’adoption de la résolution 2199 du CS/ONU du 12 février 2015 relative au financement du terrorisme, afin de lutter plus efficacement contre les trafics de pétrole et d’antiquités. Au sein de la Coalition, elle contribue à la neutralisation des dispositifs mis en place par Daech pour écouler des produits pétroliers. Elle s’est dotée d’un mécanisme de gel des avoirs qui permet d’agir contre les individus impliqués à des titres divers dans des activités à caractère terroriste.

La France soutient depuis 2012 des projets mis en œuvre par les organisations internationales et les ONG pour apporter une aide aux populations fuyant les combats et soutenir les pays d’accueil des réfugiés. Fin 2015, elle a doublé son aide humanitaire à l’Irak, principalement destinée aux déplacés, et elle contribue à l’action du PNUD pour la stabilisation des zones libérées et le retour des populations. Sur son sol, elle honore les engagements pris dans le cadre européen aussi bien qu’au titre du programme de réinstallation et d’admission humanitaire mis en place avec le Haut-Commissariat aux Réfugiés.

La France, respectueuse de l’indépendance, de la souveraineté et de l’unité nationale de l’Irak est convaincue que ses efforts et ceux de ses partenaires ne produiront pleinement leurs effets que si une solution politique est trouvée pour permettre la réconciliation nationale. Elle soutient le premier ministre Abadi dans ses efforts et l’encourage à engager au plus vite les réformes de fond dont le pays a impérativement besoin pour faire face à la crise politique, sécuritaire et économique.

Dernière modification : 19/04/2016

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