Présentation de la Région autonome du Kurdistan d’Irak

La Région autonome du Kurdistan irakien a été formée dans le cadre de la Constitution irakienne de 2005 par regroupement de trois provinces kurdes : Erbil, Souleymanié et Dohouk. Elle est peuplée de 5,3 million d’habitants. Depuis 2014, le Kurdistan d’Irak accueille également une population d’1,25 millions de déplacés irakiens et de 250 000 réfugiés syriens, dont 30% sont hébergés dans des camps. La population du Kurdistan irakien est en majorité kurde, de confession musulmane, avec une présence historique de minorités chrétiennes, yézidis et arabes.

Le Gouvernement Régional du Kurdistan (GRK) gère en autonomie la politique locale et son développement économique. Depuis juin 2015, il dispose également de son propre cadre budgétaire. Le GRK développe par ailleurs ses relations extérieures grâce à une vingtaine de « bureaux de représentation » à l’étranger, dont un à Paris.

Contexte économique

Le GRK annonce détenir des réserves de pétrole de l’ordre de 45 Milliards de barils (30% des réserves irakiennes) et 8-10.000 milliards de m3 de gaz. La valorisation de ce potentiel, entamé depuis la fin des années 2000, devrait à terme permettre au GRK d’avoir les moyens de son développement. En janvier 2016, le Ministère des Ressources Naturelles affirmait exporter 624 000 barils/j par oléoduc.

La Région autonome du Kurdistan a connu un développement très rapide depuis la fin des années 2000, à la faveur d’une situation sécuritaire favorable, du développement du secteur hydrocarbures et d’une législation favorable aux investissements (exonération de taxes et de droits de douanes pour l’investissement, rapatriement des capitaux). Le Kurdistan irakien a par ailleurs largement bénéficié du boom économique dans le reste du pays en se positionnant comme carrefour commercial entre l’Europe et la Turquie d’une part, l’Irak et l’Iran d’autre part. Au cours de la période 2009-2013, la croissance de son économie a ainsi atteint 10%/an en moyenne.

Depuis 2014 cependant, la Région traverse une crise économique sévère, liée à une conjonction de facteurs : la baisse des prix mondiaux du pétrole, l’effort de guerre et l’accueil de déplacés et réfugiés, ont en effet provoqué une récession de l’économie locale.
Le GRK a lancé plusieurs chantiers de réformes économiques et de restructuration de son administration dont les effets seront visibles à moyens termes. Pour peu que les prix du brut se rétablissent au-delà de 55$/baril, le GRK pourrait retrouver une relative solvabilité à plus court terme et disposer à nouveau des moyens financiers pour assurer son développement. Le Ministère du Plan estime dans un rapport publié conjointement avec le PNUD (Vision 2020) qu’un investissement de 30 Md $ doit être consenti pour porter les infrastructures du pays à un niveau satisfaisant. La Région présente d’importants besoins en génie civil, équipements pétroliers, en matière de gestion de l’eau ainsi qu’en produits de consommation courante (dont luxe). Le Kurdistan d’Irak est par ailleurs la première zone agricole du pays et la modernisation du secteur est présentée comme une priorité stratégique. Les projets et études financés par des organisations nationales et internationales (ONU, Banque mondiale via SFI, JICA) peuvent également présenter des opportunités pour les entreprises françaises.
En attendant qu’une normalisation économique soit engagée, il conviendra toutefois de garder une attention particulière à la solvabilité des acteurs économiques, privé et public.

Présence économique française au Kurdistan d’Irak

La France compte quelques 300 ressortissants, et une trentaine de sociétés françaises sont actives dans la Région. Notre pays et ses ressortissants bénéficient généralement d’un réel capital-sympathie, tandis que l’offre française est perçue comme qualitative. Retour ligne automatique
Depuis 2009, le Service économique en Irak dispose d’une Antenne à Erbil. Ses compétences couvrent le suivi macro-économique et financier, la veille sectorielle ainsi que la mise en œuvre des outils financiers de la France (cf. infra). L’antenne économique d’Erbil relaie également les activités du bureau Istanbul de Business France et propose un accompagnement aux PME/ETI prospectant la Région. Pour la 2e année consécutive en 2015, un pavillon français était organisé à l’occasion la Foire Internationale d’Erbil. Les 18 sociétés présentes formaient la première délégation occidentale et ont bénéficié d’un programme d’évènements associant la communauté d’affaire locale et des officiels du GRK. Une Chambre de Commerce franco-kurde est actuellement à l’étude.

Informations pratiques :

DEVISES ET TRANSFERTS : La monnaie légale en vigueur est le Dinar Irakien (IQD). Les dollars américains sont acceptés partout, à un taux avoisinant 1 200 IQD/US$. La majorité des paiements se font en liquide. En cas de besoin, des distributeurs automatiques de billets sont disponibles dans les hôtels internationaux.Retour ligne automatique
Bien que les services bancaires soient limités, les transferts internationaux sont possibles. Des banques libanaises (Byblos, Blom) sont présentes dans la région, et peuvent réaliser des transferts via leurs filiales en France. Consulter le Service économique pour obtenir des précisions.

SECURITE : le GRK a su préserver depuis 2003 un niveau de sûreté appréciable. Les risques liés au conflit armé avec l’organisation dite de l’Etat Islamique (EIIL ou Daech) sont contenus par les dispositifs de sécurité kurdes (force des Peshmergas), soutenus par la coalition occidentale. Il convient cependant de rester attentif aux développements en cours et de limiter ses déplacements aux grandes villes, où les déplacements se font en relative sécurité. Se référer à la page sécurité du MAEDI : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/irak/article/securite-24981

TRANSPORT ET VISAS : Les aéroports d’Erbil et de Souleymanié accueillent des vols réguliers en provenance des principaux centres d’affaires de la région (Amman, Beyrouth, Doha, Dubaï, Istanbul notamment). Deux liaisons directes sont assurées par des compagnies européennes : Erbil-Vienne (Austrian Airlines) et Erbil-Francfort (Lufthansa). Un visa gratuit de 15 jours pour les ressortissants français est délivré à l’arrivée à l’aéroport sur place (il convient de noter que les déplacements éventuels dans le reste du pays et notamment à Bagdad nécessitent l’obtention d’un visa auprès de l’Ambassade d’Irak en France). Les déplacements en ville s’effectuent en taxi.

IMPLANTATION : L’implantation d’une entreprise étrangère se fait selon différentes formes : en tant que filiale, joint-venture (sans contrainte de majorité) ou LLC (compagnie à responsabilité limitée). Le délai de création est généralement de moins d’un mois. Retour ligne automatique
Pour des projets d’intérêt stratégiques, l’obtention d’une licence au BOI (Board of Investment), peut permettre d’obtenir les avantages (exemption de taxes sur l’investissement, don de terrain) de la loi d’Investissement de 2006 (www.kurdistaninvestment.org). Cet organisme chargé de favoriser l’investissement étranger examine les demandes en 30 jours via une commission ad hoc.

FINANCEMENT : L’Irak, dont la Région Autonome kurde, est éligible aux services de COFACE Garanties publiques : Assurance prospection, Assurance-Crédit Export, Assurance Change, etc. Des solutions de financement peuvent également être proposées par Proparco (filiale de l’Agence Française de développement, dédiée au secteur privé) qui a soutenu la réalisation de 6 projets en Irak. Les financements d’Aide Projet (fasep) sont ouverts et mis en œuvre par le Trésor (2 projets dans le secteur de l’eau depuis 2009).

Enfin, la région du Kurdistan est ouverte au programme VIE, qui permet de financer à conditions avantageuses l’emploi d’un représentant ou d’un expatrié français localement.

LOGISTIQUE : Le Kurdistan irakien est une des principales portes d’entrée des produits étrangers en Irak, à travers ses postes frontières avec la Turquie et l’Iran ainsi que les aéroports d’Erbil et de Souleymanié. Une licence d’importation, délivrée par la DG des Douanes du GRK est nécessaire pour importer des produits et s’obtient rapidement (2 à 3 jours). Retour ligne automatique
Les taxes douanières restent encore marginales et se composent surtout d’une taxe par camion entrant dans la Région autonome.

Les principales contraintes pour l’import et l’export sont logistiques et techniques. L’enclavement de la Région autonome, le temps d’attente aux postes frontières ainsi que les menaces sécuritaires qui pèsent sur les routes en direction du sud du pays affectent ces activités.

Dernière modification : 15/03/2016

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