Politique intérieure

Système politique

L’Irak a recouvré sa pleine souveraineté en 2005, après l’adoption par référendum d’une Constitution qui instaure une république fédérale, démocratique et parlementaire.

Le Conseil des Représentants détient le pouvoir législatif. Il est élu pour une durée de quatre années et est composé de 325 membres élus au suffrage universel direct.

Le Président de la République, élu par le Conseil des représentants, partage avec le Premier ministre le pouvoir exécutif même si son rôle reste largement protocolaire (ratification des traités, accréditation des ambassadeurs). Le Premier ministre est responsable de la conduite des affaires de l’Etat et est le chef des armées.

Dans le cadre de cette république fédérale, la Constitution prévoit la possibilité pour un ou plusieurs gouvernorats, il en existe dix-huit, de constituer une région sur proposition qui doit être approuvée par un référendum local. Il n’existe pour l’instant qu’une seule région constituée, la région autonome du Kurdistan irakien qui regroupe les trois gouvernorats de Dohuk, Erbil et Salaheddine et est administrée par le Gouvernement régional kurde.


Une situation de crise politique durable

Le 7 mars 2010, les troisièmes élections législatives depuis la chute du régime de Saddam Hussein ont eu lieu. Après plusieurs mois de tractations, un gouvernement dit de « participation nationale », comprenant l’ensemble des forces politiques, a été formé en novembre 2010 à la suite de l’« accord d’Erbil ». Le président Jalal Talabani (kurde) et le premier ministre Nouri al-Maliki (chiite) ont été reconduits dans leurs fonctions et le sunnite Oussama al-Nujaifi a été élu président du Conseil des Représentants.

Plus de deux ans après la formation de ce gouvernement de coalition et dix ans après l’intervention américaine, le pays traverse une importante crise politique. La politique menée par le Premier ministre Nouri al-Maliki est critiquée. Ses adversaires sunnites et kurdes lui reprochent l’absence de mise en œuvre de certaines dispositions de l’accord d’Erbil (désignation des ministres en charge des trois ministères sécuritaires, création du Conseil National des Politiques Stratégiques) et une volonté de concentration des pouvoirs marginalisant les communautés sunnite et kurde.

Cette crise est alimentée par un mouvement de contestation dans les provinces sunnites, déclenché en décembre 2012 à la suite de l’arrestation des gardes du corps du ministre des finances sunnite Rafee al-Issaoui, accusés d’actes de terrorisme, et par les tensions récurrentes entre la région du Kurdistan et le gouvernement central sur les questions du partage des hydrocarbures, des territoires disputés et plus récemment l’adoption du budget sans l’accord des Kurdes.

Cette situation conduit à de fortes tensions entre le gouvernement et le Parlement d’une part et au sein du gouvernement d’autre part, où plusieurs ministres ont démissionné ou s’abstiennent de participer au conseil des ministres.

Les élections des conseils de gouvernorats se tiendront le 20 avril 2013 dans 12 des 18 gouvernorats irakiens et à une date ultérieure dans les autres provinces. Les élections législatives devraient avoir lieu au printemps 2014.

Sur le plan sécuritaire, la situation reste préoccupante

Bien que le niveau de violence ait baissé depuis les années qui ont suivi la chute de Saddam Hussein et la période 2006-2007 où les violences interconfessionnelles faisaient jusqu’à 100 morts par jour, il est resté élevé en 2012 avec près de 4000 morts. Les tensions politiques actuelles conduisent à une résurgence de la violence. Le nombre d’attentats a fortement augmenté depuis le début de l’année dans les provinces à peuplement mixte mais aussi à Bagdad.

La partie nord du pays (entre Bagdad et la limite de la région kurde), est la plus touchée par les attentats, notamment dans les régions de Diyala, Mossoul, Tikrit et Kirkouk et à Bagdad. Le sud du pays est moins affecté, même si on dénombre quelques attentats à Missan et à Bassorah.

La région du Kurdistan irakien n’a elle pas connu d’attentats terroristes depuis 2007. Les attentats sont le fait en majorité des groupes sunnites extrémistes (Ansar al-Islam et Etat islamique d’Irak, branche irakienne d’Al-Qaïda), qui montrent une résilience et une capacité de nuisance bien réelles malgré les nombreuses arrestations réalisées. Des assassinats ciblés sont commis par des groupes armés sunnites mais également par des milices chiites.

Dernière modification : 29/07/2013

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