La France s´engage pour la sauvegarde du patrimoine irakien.

Dans une tribune parue dans le journal Sabah le 6 décembre 2015, l´ambassadeur de France rappelle l´engagement de la France dans la sauvegarde du patrimoine irakien et présente le plan d´action français pour la lutte contre le trafic et la destruction des antiquités

Unis pour sauver le patrimoine
A l’occasion du discours qu’il a prononcé à l’ouverture de la 38ème session de la conférence générale de l’UNESCO, le Président de la République Française, M. François Hollande, a rappelé un enseignement de l’Histoire : ce sont toujours les totalitarismes et les intégrismes qui interdisent la musique, brûlent les livres, détruisent le patrimoine, tentent d’effacer la mémoire de ceux qui les précèdent.
Tous les Français ont été choqués et scandalisés, comme de très nombreux citoyens à travers le monde, par le saccage du musée archéologique de Mossoul et le pillage des sites antiques de Ninive, Nimroud et Hatra. Ils l’ont également été à la vue des déprédations commises en Syrie voisine.
C’est pour cette raison que la France a décidé de s’engager en faveur de la préservation du patrimoine historique et archéologique irakien et syrien, dont l’importance est telle qu’il appartient à toute la communauté internationale de se mobiliser.
Depuis le 19ème siècle, la France a œuvré pour la reconstitution et la redécouverte du passé de l’ancienne Mésopotamie. C’est en effet à la suite des fouilles du consul de France Paul-Emile Botta sur le site de Khorsabad, l’ancienne capitale du roi Sargon d’Assyrie au 8ème siècle avant J-C au nord de l’Irak, que le premier musée assyrien du monde fut créé au Louvre le 1er mai 1847.
Cet investissement du Musée du Louvre dans le domaine de la conservation des antiquités mésopotamiennes est appelé à se poursuivre. Il revêt toute sa pertinence dans le contexte actuel. Dans cet esprit, le président Hollande, a confié au Président-directeur du Musée du Louvre, M. Jean-Claude Martinez, une mission visant à définir des pistes d’action concrètes dans ce domaine.
A cet effet, M Martinez s’est rendu le 2 novembre dernier à Bagdad accompagné du directeur général des patrimoines du ministère français de la culture. Ils y ont rencontré toutes les principales autorités en charge de la conservation du patrimoine irakien, ainsi que le ministre des affaires étrangères, le Dr Ibrahim al-Jafaari. Ils ont également visité le Musée National irakien et n’ont pas manqué, en connaisseurs de leur sujet, d’en apprécier la qualité extraordinaire des collections. Ces contacts et cette visite ont permis aux deux pays d’examiner ensemble les moyens d’agir.
A la suite de sa mission, trois priorités ont été dégagées : la lutte contre les trafics, la protection des œuvres et la mémoire des sites. Afin de les mettre en œuvre, de très nombreuses mesures et actions seront développées en France : un renforcement des contrôles douaniers et policiers dans la lutte contre les trafics d’antiquités en introduisant un contrôle douanier à l’importation des biens culturels ; la possibilité pour les musées dont les œuvres sont menacées de mettre leurs œuvres à l’abri dans le cadre d’accords de partenariat ; le développement de la numérisation des pièces et œuvres de l’antiquité ; l’accueil en formation en France d’archéologues, de chercheurs et de professionnels de la conservation du patrimoine irakiens, dont un premier groupe de huit personnes sera très prochainement accueilli à Paris. Cette dernière action, financée et mise place par les services culturels de l’ambassade de France à Bagdad, sera appelée à se poursuivre et à se développer en 2016.
C’est sur ce terrain également que se gagnera la lutte commune que la France comme l’Irak ont engagée contre Daech. Cette lutte est parsemée d’épreuves mais, sur le plan militaire et policier comme sur celui du patrimoine, c’est en agissant ensemble que nous y parviendrons.

http://www.alsabaah.iq/ArticleShow.aspx?ID=105558

Dernière modification : 07/12/2015

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