Relations politiques

Une relation ancienne, relancée après les événements de 2003

La perception de la France par les autorités irakiennes a été brouillée après 2003 par l’opposition française à l’intervention militaire de la coalition, comprise à tort comme une forme de soutien à l’ancien régime. Cette analyse a depuis, et fort heureusement, considérablement évolué. Le poids international de la France, membre permanent du Conseil de Sécurité, le souvenir des étroites relations de coopération passées et des réalisations des entreprises françaises dans les années 70 et 80, ont contribué au rapprochement. Le soin apporté par la France à maintenir la balance égale entre les différentes communautés est également reconnu.

Depuis 2008, la relation bilatérale a été relancée dans tous les domaines. Sur le plan politique, cette relance s’est manifestée par de nombreuses visites, dont certaines au plus haut niveau. Le Président Talabani s’est rendu en visite d’Etat en France, du 16 au 19 novembre 2009 ce qui a été l’occasion de signer plusieurs accords importants (coopération culturelle, scientifique et technique, coopération en matière de défense, accord Coface, accord d’entente AFD, paraphe de l’accord de protection des investissements).

Par ailleurs, les services de l’ambassade se sont renforcés : ouverture d’une mission économique, création d’un poste de Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle, assisté d’un adjoint depuis septembre 2010, arrivée d’un attaché de défense en 2009, d’un attaché de sécurité intérieure en 2010 et d’un attaché de défense adjoint en 2013. Parallèlement, un Centre français des affaires a ouvert ses portes à Bagdad en 2010.

Depuis 2014, la France soutient activement les autorités et l’Etat irakiens contre Daech

Au cours de l’été 2014, face à l’ampleur de la crise humanitaire et sécuritaire, la France s’est mobilisée. Le 10 août, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius s’est rendu en Irak, où il a supervisé la première livraison d’aide humanitaire française à Erbil. Il a obtenu la tenue d’une réunion extraordinaire du Conseil des Affaires étrangères le 15 août et la mise en place d’un « pont de solidarité européen » vers le nord de l’Irak. Le 18 septembre 2014, à la demande expresse des autorités irakiennes, le Président de la République a décidé d’engager l’aviation française dans les frappes en Irak dans le but de soutenir les forces irakiennes et kurdes au sol. La France est le second contributeur à la Coalition engagée militairement contre Daech en Irak : elle réalise des frappes régulières et contribue à la formation des personnels militaires et de sécurité. En avril 2016, le ministre de la Défense, M. Jean-Yves Le Drian a rencontré à Bagdad et Erbil les plus hautes personnalités politiques et militaires avec lesquelles il a discuté des modalités de cette contribution française.

La France est tout particulièrement attachée au maintien de la diversité des populations, qui fonde la richesse humaine de l’Irak

En septembre 2015, Paris a accueilli une Conférence de soutien aux victimes de violences religieuses et ethniques. Une soixantaine d’Etats y étaient représentés ainsi que plusieurs organisations internationales dont les Nations unies et l’Union européenne. L’Irak s’est étroitement associé à cet exercice auquel il a été représenté activement par son ministre des Affaires étrangères, Mr Ibrahim al-Jaafari. Des personnalités issues de plusieurs de ses communautés étaient également présentes. La conférence a abouti au Plan d’action de Paris, qui identifie des actions concrètes à mettre en œuvre en soutien aux populations concernées. La France est prête par ailleurs à prendre sa part des réfugiés qui fuient les persécutions, en particulier en provenance de Syrie et d’Irak, comme le Président de la République l’a souligné lors de sa conférence de presse le 7 septembre 2015. Sur la base des propositions de la Commission européenne qui a fixé un seuil de 120.000 réfugiés sur les deux prochaines années, elle s’est engagée à accueillir 24.000 personnes.

La France met en place des actions concrètes pour assurer la protection du patrimoine archéologique irakien

Depuis le 19ème siècle, la France a œuvré pour la reconstitution et la redécouverte du passé de l’ancienne Mésopotamie. C’est en effet à la suite des fouilles du consul de France Paul-Emile Botta sur le site de Khorsabad, l’ancienne capitale du roi Sargon d’Assyrie au 8ème siècle avant J-C au nord de l’Irak, que le premier musée assyrien du monde fut créé au Louvre le 1er mai 1847. Le président Hollande, a confié au Président-directeur du Musée du Louvre, M. Jean-Claude Martinez, une mission visant à définir des pistes d’action concrètes afin d’assurer la défense du patrimoine archéologique irakien. M Martinez a effectué en novembre 2015 une visite à Bagdad qui lui a permis de dégager trois priorités : la lutte contre les trafics, la protection des œuvres et la mémoire des sites.
JPEG

Dernière modification : 08/06/2016

Haut de page