L’ambassadeur de France s’est exprimé dans les colonnes du journal Sabah à l’occasion de la réunion de haut niveau pour la stabilisation de Mossoul organisée à Paris le 20 octobre 2016

A l’heure où les troupes irakiennes et les peshmergas sont engagés à Mossoul pour la reconquête du territoire national sur les forces obscurantistes de Daech, ma première pensée ira aux combattants. Je salue leur courage et leur détermination et je forme le vœu d’une victoire rapide qui ménage les vies et la sécurité des civils. Avec la reprise de Mossoul, l’Irak se trouvera en mesure de tourner une page sombre de son histoire et de poursuivre son processus de reconstruction et de démocratisation. La France est à ses côtés pour l’accompagner dans cette phase délicate, aussi bien sur le terrain, par son action militaire, que sur la voie diplomatique, pour arriver à une solution politique inclusive qui garantisse l’adhésion de tous les Irakiens à un projet commun.

La France est le second contributeur de la Coalition internationale engagée militairement dans la lutte contre Daech depuis septembre 2014. La contribution française repose sur deux piliers complémentaires en soutien des forces armées irakiennes. Tout d’abord, la France assure une mission de formation grâce à l’implication de plusieurs centaines d’instructeurs militaires. L’armée française a ainsi formé plusieurs milliers de soldats irakiens depuis le printemps 2015. Nous intervenons par ailleurs, depuis plus de deux ans, en appui aux opérations conduites sur le terrain par les forces irakiennes. Air, mer et terre : les trois composantes de notre armée sont mobilisées. L’armée de l’air française effectue des frappes et des reconnaissances, conduites par douze avions Rafale à partir de deux bases aériennes de la région. Notre marine participe au renforcement de nos capacités aériennes au moyen des vingt-quatre avions Rafale du groupe aéronaval Charles de Gaulle, déployé actuellement, et pour la deuxième fois, au profit de l’Irak. L’armée de terre française enfin, intervient en Irak depuis septembre 2016 avec le déploiement du groupe artillerie qui met en œuvre des canons Caesar particulièrement précis et efficaces.

Les terroristes ne s’y sont pas trompés : c’est l’importance de l’engagement français dans la lutte contre Daech, notamment en Irak, qui a valu à notre pays d’apparaître comme une cible prioritaire et d’être visé par de terribles attentats sur notre propre territoire.

Si la bataille de Mossoul apparaît comme une étape déterminante dans la lutte contre Daech, la France est néanmoins persuadée que l’éradication définitive du terrorisme en Irak passe par un accord politique global réaliste et ambitieux, conçu et mis en œuvre par l’ensemble des parties prenantes irakiennes. C’est pour contribuer de manière efficace à l’élaboration de cette solution politique que la France accueille à Paris ce 20 octobre une réunion ministérielle pour la stabilisation de Mossoul à laquelle participeront, aux côtés d’une délégation irakienne conduite par le ministre des affaires étrangères, plus de vingt pays et organisations. Cette réunion sera l’occasion de traiter trois priorités : la protection des populations civiles et l’aide humanitaire qui doit leur être apportée ainsi que la mise en place d’un projet politique assurant la bonne gouvernance de la ville de Mossoul et de la province de Ninive.

La France entend par cette action déclinée sur les trois volets, militaire, politique et humanitaire, affirmer son plein engagement aux côtés de l’Irak, pour répondre aux aspirations de sa population dans toute sa richesse et sa diversité et contribuer au respect de sa souveraineté et de son unité.
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Dernière modification : 20/10/2016

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