Un colloque interdisciplinaire s’est tenu à Soulaymanieh pour la protection des patrimoines vivants du Moyen Orient menacés par les conflits

Dans le cadre de l’édition 2016 du fonds d’Alembert de l’Institut français, l’IFPO (Institut français du Proche-Orient) en partenariat avec l’Université Américaine d’Irak à Soulaymanieh (AUIS) a organisé, les 10 et 11 mai dernier, avec le soutien de l’ambassade le colloque : Les patrimoines vivants dans un Moyen Orient en conflit : Enjeux et approches des patrimoines et des identités culturelles en situations de guerre et de déplacements forcés.

Cette manifestation s’est inscrite dans le cadre du prolongement de la Conférence sur les victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient de Paris du 8 septembre 2015, et des trois volets de son Plan d’action (accompagnement humanitaire, lutte contre l’impunité des auteurs de ces crimes, promotion d’un cadre politique nécessaire à la stabilisation, la réconciliation et la pérennisation de cette diversité). En effet, ce dernier met l’accent sur la protection et la préservation du patrimoine culturel de ces minorités.

Alors que plusieurs conférences ont été organisées par des institutions internationales ou universitaires sur la question des dommages subis par le patrimoine dans les pays de la région, dont celle mise en œuvre par la Délégation française à l’Unesco et le ministère de la Culture à Paris le 29 septembre 2014, aucune ne s’était encore déroulée dans un des pays concernés.

Ce colloque a en outre permis d’ouvrir un dialogue fécond entre des disciplines qui ont l’habitude de considérer séparément les divers aspects du patrimoine (matériel, immatériel, culturel ou naturel) en situation de conflit. En abordant le patrimoine avant tout comme un objet social et politique « vivant », c’est-à-dire « signifiant » pour les parties impliquées dans les conflits ou qui en sont victimes, les interventions ont montré que la complémentarité des approches est mieux à même de faire ressortir la profondeur et la complexité des enjeux patrimoniaux en situation de guerre et de déplacements forcés, y compris sur la longue durée.

Cette rencontre a enfin été l’occasion d’aborder une variété de situations régionales (en premier lieu l’Irak et la Syrie, mais également le Yémen, l’Afghanistan, ainsi que des situations historiques et plus lointaines dans la même aire géo-culturelle). Elle a permis à des universitaires et des professionnels du patrimoine des pays concernés de confronter leurs expériences et analyses à celles de collègues venus d’Europe et des États-Unis. Dans une atmosphère de dialogue ouvert, amical et multilingue, des contacts ont été noués en vue de collaborations pour la recherche, mais également dans le but de mettre en œuvre des actions de conservation du patrimoine affecté par les conflits actuels.

Le comité d’organisation était composé de Mme Géraldine Chatelard (chercheure associée, Ifpo, Amman), M. Boris James (chercheur MAEDI et responsable de l’Ifpo, Erbil), Mme Elizabeth Campbell (professeure assistante en archéologie, AUIS) et M. Hassan Nadhem (titulaire de la Chaire UNESCO pour l’étude du dialogue inter-religieux à l’Université de Kufa).

Dernière modification : 24/06/2016

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